
- J’ai repensé à tout ce qu’on s’est dit la dernière fois. Ton voyage initiatique en Jaoria m’intrigue. Si j’ai bien compris, ton but est de développer ta conscience. Mais cette notion de conscience est difficile à comprendre. Le corps est visible, palpable, je ne peux l’ignorer. L’énergie se ressent, je peux la concevoir et la matérialiser dans mon esprit. Mais la conscience selon Les mondes de Joaria est de l’ordre du concept pour moi. Je ne parviens pas à me l’approprier.
- Oui, c’est normal. Nous vivons à une époque où tout est expliqué selon des théories mécaniques et matérialistes. Nous définissons l’Homme tel une machine biologique qui produit la conscience. Hors pour comprendre ce que je décris en Jaoria, il faut changer de perspective. Il faut à l’inverse, voir l’Être humain comme une conscience qui explore le monde à travers une forme biologique.
- Ah oui, quand même, ça change les choses. Mais alors dans ce cas, quel est le lien entre le corps, l’énergie qui circule, et la conscience ?
- Imagine un plongeur dans un scaphandre. Le corps est le scaphandre. Il possède les bras, les jambes, les capteurs, des réserves d’air. Pourtant il n’est pas vivant. Le cerveau est le tableau de bord. Le système nerveux est le réseau de communication. L’énergie vitale est l’alimentation de l’ensemble. La conscience est le plongeur.
- Le cerveau ne fabriquerait donc pas la conscience, il serait plutôt l’interface avec le monde matériel ?
- C’est ça. Imagine maintenant un musicien qui joue du violon. Le violon produit un son magnifique. S’il est abîmé, la musique devient fausse. Pourtant, on ne peut pas dire que c’est le bois du violon qui produit la musique. Il transmet la musique, il n’en est pas à l’origine. Le corps est l’instrument, la conscience est le musicien, l’énergie est le souffle qui anime le jeu.
- C’est plus clair. Et en effet, la biologie explique comment fonctionne le corps, mais elle n’explique pas qui fait l’expérience d’être vivant.
- Oui. Dans les mondes de Jaoria, le corps permet à l’explorateur de sentir les choses. Son cerveau lui permet de penser. Son coeur lui permet de ressentir. Mais ce qui observe ces pensées, ces sensations, ces émotions appartient à une dimension plus vaste que la seule matière. Et cette conscience n’est pas isolée. Elle est l’expression personnelle d’une conscience universelle qui traverse toute forme de vie.
- C’est un peu comme si l’Homme était la Nature qui prend conscience d’elle même.
- Exactement.
- Les différents royaumes de Joaria sont les manières successives dont ma conscience apprend à habiter mon corps. L’ours apprend à exister dans la matière. Le Serpent de l’eau apprend le mouvement, l’énergie. Le Tigre découvre la puissance de l’action consciente. L’Aigle ouvre la conscience à la relation et au vivant. Le Colibri apprend que la création est une expression de la conscience. Le Hibou découvre que l’observateur transforme sa manière de percevoir le réel. La Baleine révèle que la conscience individuelle n’est jamais séparée de la conscience collective.
- Waouh, c’est énorme.
Sourire
- … Mais attends, tu as intégré un 8ième niveau non ? La Tortue Cosmique ?! Très étrange animal d’ailleurs au passage !
Sourire
- Oui en effet. Arrff. Le 8ième niveau de conscience dans Joaria est encore obscur pour moi, tellement difficile à définir. Il ne s’est pas encore totalement révélé pour être honnête. Mais ce que je ressens, c’est qu’il est en lien avec la relation au Tout. Que se passerait-il si nous vivions en pleine conscience tout le temps ? Quelle serait notre vie sur Terre ? Est ce que la théorie Illusionniste tient encore ? Que deviendrait le vivant sans la matière ? J’ai l’étrange sensation que le 8ième Royaume peut permettre d’entrevoir des réponses à des questionnements humains sensibles, et pourrait permettre de révéler une réalité invisible propre aux Mondes de Jaoria, qu’il me tarde de découvrir.
- Oh oui, tu me mets l’eau à la bouche. Il va falloir patienter alors. Maintenant, je comprends mieux le rapport entre Conscience et Etre Humain selon Jaoria. Merci pour ces éclaircissements. J’aurai certainement d’autres interrogations à venir, tout ceci est si curieux. J’aime beaucoup nos discussions.
- A très bientôt alors. Merci à toi.
