
Aujourd’hui, l’intelligence artificielle occupe une place importante dans la création des Mondes de Jaoria. Mais peut-être pas celle que l’on imagine.
L’IA ne crée pas Jaoria à ma place. Elle complète mon travail.
Les Mondes, les expériences, les idées, les symboles et les réflexions qui les traversent naissent d’abord de mon imagination, de mes explorations, de mes expériences et de ma propre vision.
L’IA intervient ensuite comme un outil capable de m’aider à leur donner forme.
Je donne la direction
Lorsque je travaille avec une intelligence artificielle, je ne lui demande pas simplement : « Crée quelque chose pour moi. »
Je lui indique la tâche que je souhaite accomplir, ce que je veux obtenir, mais aussi les limites à respecter. Je lui transmets mes intentions, mes choix et mes valeurs.
Je peux préciser une atmosphère, une idée, un personnage, un paysage, un symbole, parfois jusque dans les moindres détails.
Elle propose.
Je dispose.
Car une réponse produite par une IA n’est jamais, pour moi, un résultat définitif.
Je l’évalue, je la contrôle, je la questionne. Je conserve certaines propositions, j’en refuse d’autres. Je corrige, je modifie, je précise mes demandes et je recommence, parfois de nombreuses fois, jusqu’à obtenir quelque chose qui corresponde réellement à ce que je souhaite créer.
Et pour les illustrations ?
Le principe est exactement le même.
Lorsque je demande à l’IA de créer une illustration pour Jaoria, je lui décris un univers, des personnages, des paysages, des couleurs, une atmosphère et les éléments qui doivent apparaître. Je lui donne mes croquis pour qu’elle parte de mes bases dessinées.
Je ne lui demande pas de reproduire l’œuvre ou l’illustration d’un autre créateur.
L’intelligence artificielle générative que j’utilise crée une nouvelle image à partir de mes instructions : elle ne va pas chercher une illustration existante pour me la restituer.
Je construis donc progressivement mes illustrations par mes indications, mes choix et les nombreuses corrections que j’apporte au résultat.
L’IA devient littéralement un prolongement de mon crayon.
Un travail à deux, mais une seule direction
L’IA peut m’aider à mettre des mots sur une intuition, structurer une réflexion, développer une idée, créer une représentation visuelle ou explorer différentes possibilités.
Elle peut également attirer mon attention sur une incohérence, m’aider à approfondir une réflexion ou ouvrir une piste à laquelle je n’avais pas pensé.
Mais elle ne décide ni du sens de Jaoria, ni de ses valeurs, ni de ce qui doit y entrer.
Je reste responsable de chaque choix.
Je pourrais comparer ce travail à celui d’un chef d’orchestre.
Un chef d’orchestre ne joue pas lui-même de tous les instruments. Pourtant, c’est bien lui qui connaît l’œuvre qu’il souhaite faire entendre.
Il donne le rythme, demande davantage de force ici, du silence ailleurs, reprend un passage lorsqu’il ne sonne pas juste et recommence jusqu’à entendre ce qu’il cherchait.
Avec l’IA, je travaille de cette manière.
Je donne la direction.
J’écoute ce qu’elle me propose.
J’évalue.
Je contrôle.
Je corrige.
Je transforme.
Je choisis.
Je recommence tout lorsque c’est nécessaire.
L’outil ne remplace pas l’intention
Un pinceau ne décide pas du tableau.
Un appareil photo ne choisit pas ce que le photographe veut raconter.
Un logiciel de musique ne décide pas de ce que le musicien veut faire entendre.
Pour moi, l’intelligence artificielle appartient à cette même famille d’outils, avec une particularité fascinante : elle peut dialoguer avec la création.
Elle devient alors un prolongement de mes capacités, sans se substituer à mon imagination, à mon expérience ou à mon intention.
Et c’est probablement là que se situe, pour moi, toute la différence entre utiliser l’intelligence artificielle pour créer et laisser l’intelligence artificielle créer à sa place.
Dans Les Mondes de Jaoria, je choisis la première voie.
L’IA est un instrument.
Je reste le chef d’orchestre.
Et Jaoria reste ma partition.