
Il y a quelques années déjà, j’avais fait ce dessin, inspirée par l’hiver et un besoin de changement. J’étais chargée d’émotions à cette époque là, et je ne savais qu’en faire.
C’est en travaillant sur Jaoria que tout a pris un sens. J’ai longtemps rêvé de ce paysage. J’y avais dessiné un lapin des neiges également mais le dessin a disparu. J’imaginais ces animaux des glaces vivants, en mouvement, puis changeant d’aspect, pour se transformer en neige. Tout un monde de neige vivant en mouvement.

Aujourd’hui, je reste fascinée par cet élément éphémère. J’ai pris l’habitude d’y voir des formes vivantes, des créatures imaginaires merveilleuses, et des courants lumineux animer mon monde.
Alors que dans nos sociétés occidentales nous veillons à ce que les enfants gardent les pieds sur terre, en les ramenant de leurs rêveries plutôt que de les partager, dans les sociétés traditionnelles au contraire, tout le monde est encourager à imaginer. Un enfant qui passe du temps à ses rêveries est félicité. Et je le comprends maintenant. La créativité onirique génère une vraie force. Elle met en joie, elle fait sourire et rend le cœur léger le temps d’une rêverie contemplative.
Plus récemment, je me suis surprise à fixer le toit du garage de mon voisin de très longues minutes après une nuit d’hiver où la neige était tombée, et que le vent avait sculpté l’épais tapis blanc. Ce matin là, j’y ai reconnu la forme d’une raie posée sur l’angle du toit. Et je l’ai imaginée prendre son envol, lentement, et s’élever dans le ciel bleuté. J’ai vraiment passé un moment magique. Je me suis sentie comme une enfant en plein jeu d’imagination. C’est un peu comme si tout le poids des responsabilités et de la course effrénée de la vie s’était évaporé dans cette atmosphère blanche. Je me suis sentie si légère, si détendue, et si … amusée, remplie de joie enfantine, que je me suis promise de prendre le temps de le dessiner et de renouveler l’expérience.


Aujourd’hui, je suis heureuse de pouvoir dire que je rêve debout. Je rêvasse, je vois des formes partout, souvent, je m’amuse beaucoup, et je commence à le partager. Sans surprise, les formes apparaissent aux yeux des autres une fois qu’on les a décrite. Vient alors une rêverie collective joyeuse. J’adore …
