Câlina est une planète rêvée par Alie. Voici le descriptif que nous en avons fait :
Les chevaux ne sont pas de simples chevaux. Grâce aux fleurs multicolores que sèment les enfants sorcières, ils se transforment la nuit en licornes scintillantes sous les deux lunes de Câlina. La sagesse des chevaux leur vient de Calina, la plus ancienne ponette âgée de plus de 200 ans. Elle vit avec ces fidèles amis Niama, Frippon, Sirène, Belle, Oscar … et d’autres encore.
Alie pratiquait l’équitation à cette époque. Les amis dont elle a rêvé étaient ses fidèles compagnons de l’époque avec qui elle avait noué de belles amitiés. Niama, Frippon, Calina sa ponette préférée. Pas étonnant qu’elle en ait rêvé souvent durant cette période. Le rêve est un mécanisme qui permet d’effacer les données reçues durant la journée jugées inutiles par les biais cognitifs, pour garder ce qui est important pour l’évolution personnelle. Le rêve est un travail de mémorisation. Il est absurde, mais permet de créer de nouvelles possibilités qui sauront aider le rêveur dans sa vie quotidienne. Donc Alie rêvait de ce qu’elle vivait en l’améliorant à sa sauce.
Mais avec du recul, je me rappelle d’erreurs que j’ai faite lorsqu’elle me racontait son rêve. Au fil du récit, je cherchais à y ajouter un peu de logique en la questionnant sur des détails qui me semblaient importants, mais qui la déstabilisaient. Dans ce rêve, Alie m’avait décrit simplement que sur cette planète, il n’y avait pas d’adultes. Pas de contraintes. Les enfants et les chevaux vivaient ensemble, les enfants se changeant en chevaux et vice et versa. Sous la forme de chevaux, on pouvait se transformer en licorne qui brille. Que Câlina était la plus vieille des ponettes de la planète, celle que tout le monde suit. Les enfants devenaient aussi des sirènes à leur convenance. Et qu’il y avait deux lunes qui tournaient autour de la planète.
C’est en la questionnant, de manière passionnée et curieuse, que j’ai su que les maladies, l’alimentation, toutes les inquiétudes pour la survie que l’on peut avoir en tant qu’adulte ne l’avaient pas intéressé. Elle avait simplement dit, on mange et on se soigne avec les plantes de la nature. Nous revenions d’Alsace où nous avions appris une partie de l’histoire des « sorcières » à l’époque de l’inquisition. Alors je me rappelle lui avoir soufflé : comme les sorcières. Les enfants sont des sorcières sur Câlina non ? Elle avait tordu le nez car même si elle avait fait preuve de compassion pour les dites « sorcières » de l’histoire (qui étaient plutôt druidesses en réalité), elle gardait l’image des sorcières malfaisantes des contes pour enfants. Mais elle avait acceptée l’idée. Mon idée, celle d’un adulte.
La première erreur que j’ai faite fut de penser que j’avais un rôle à jouer dans ce mécanisme. Le rêve en lui-même était tout ce dont elle avait besoin pour avancer. Je n’avais pas à intervenir dans l’imaginaire qu’elle avait créé. Sa création … Je n’étais pas dans ses baskets, je ne pouvais pas savoir ce qu’elle pouvait ressentir et ce dont elle avait besoin, et ce malgré notre relation très proche.
Et d’autre part, vouloir mettre du sens à l’absurde est un besoin d’adulte, certainement pas celui d’un enfant. Et cela se comprend. La quête de sens vient avec le développement du lobe frontal cérébral. La matière grise qui le compose n’est pas recouvert de matière blanche avant l’âge de 25 ans en moyenne. C’est la matière blanche qui le rend opérationnel. Il nous permet d’acquérir la logique et de faire des connexions entre les connaissances et les émotions par exemple. Il nous permet de développer les bases de nos valeurs, et de les défendre. Tout ceci pour comprendre une situation et s’y adapter. La quête de sens est un mécanisme de protection que nous développons de l’adolescence à l’âge de 25 ans en moyenne. Voilà pourquoi un enfant n’a pas besoin que nous lui apportions de la logique pour accepter et apprécier une situation. Nous pouvons l’éduquer et prendre des moments pour lui transmettre la logique, mais nous ne devons pas oublier qu’il n’est pas capable de logique en autonomie, et que pour autant, cela ne rend pas ses pensées moins constructives, au contraire. L’enfant est en pleine croissance, et doit se développer à son rythme.
Je me souviens d’une émission sur un scientifique expert de la psychologie et de l’étude du cerveau, il travaillait sur les rêves. Et il disait : Quand les patients me racontent leur rêve de manière passionnée, je les trouve toujours absurdes et inintéressants. Ce qu’il mettait en avant est le mécanisme très personnel que chacun a de trouver des solutions à des problèmes de la vie courante, par des mises en situations oniriques. Les actes dans les rêves n’ont pas de réelles importance. Il s’agit plutôt de la finalité. Le bien être et/ou la compréhension que nous en retirons dans la vie courante, même sans en avoir conscience.
Donc, pour résumer ce sur quoi je souhaitais revenir ici, le descriptif de cette planète est la création de l’imaginaire d’un enfant, suppléé par la logique d’un adulte. Ce qu’offre cette planète est donc plutôt ceci, un voyage onirique dans un environnement ou la logique n’est pas nécessaire. L’aventure prime, l’expérience. C’est un bon exercice d’essayer d’évoluer dans un monde sans logique, de vivre des expériences en confiance, en faisant taire son mental et ce besoin impérieux de donner du sens à toute chose, en prenant simplement ce qui vient comme il vient, sans peur.
Il est très intéressant de travailler ce type de méditation onirique pour travailler le lâcher prise et l’imaginaire, avec pour seule contrainte : Pas de contrainte.
Belle journée les amis.




